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Cold Cases

Dans le Gard, le corps momifié retrouvé dans les vignes il y a 22 ans n'a pas livré tous ses secrets

Montfrin, dans le Gard (image d'illustration)

Montfrin, dans le Gard (image d'illustration) - Google Street View

Le 15 septembre 2001, un agriculteur originaire de Montfrin, dans le Gard, retrouve le corps momifié d'une jeune fille sur un chemin de terre. C'est le début d'une longue enquête qui ne mènera qu'à de maigres découvertes.

Ni nom, ni âge, ni famille. On ne sait rien, ou presque, de la jeune fille dont le corps a été retrouvé à Montfrin, dans le Gard, il y a 22 ans. Si sa dépouille repose aujourd'hui au cimetière du petit village méditerranéen, aucun élément n'a jamais permis de l'identifier.

Gravée d'un X, sa tombe ne passe jamais inaperçue. Elle reste un mystère pour les habitants et la police du coin, qui se demandent toujours pourquoi jamais personne n'a déclaré sa disparition.

Surnommée "Toutânkhamon" par les gendarmes en raison de l'état momifié de son corps, c'est comme ça qu'elle est désormais connue du grand public. Si les médias en parlent aujourd'hui, ce n'était pas le cas le jour de la découverte de son corps, le 15 septembre 2001. Et pour cause, toute l'attention était portée sur l'attentat du World Trade Center, survenu quatre jours plus tôt.

"On manque obligatoirement à quelqu'un"

C'est sur un chemin de terre, entre les vignes, que le corps de la jeune femme a été retrouvé par un agriculteur. Passé la stupeur de cette découverte, il s'est étonné que le corps ait été abandonné comme ça, sans que personne ait tenté de le dissimuler.

Une enquête a donc été ouverte et une autopsie a été réalisée, révélant qu'elle avait été tuée de 19 coups de couteau. Le corps se trouvait dans un état de décomposition avancé, il était donc impossible de déterminer précisément la date de sa mort. Selon les experts, elle serait morte quelques semaines plus tôt, durant l'été.

L'empreinte ADN de la victime, ainsi que celui de son agresseur, ont pu être prélevés, mais rien n'a permis de déterminer si la victime avait subi une agression sexuelle. L'analyse a en revanche permis d'estimer que la jeune femme était âgée d'une vingtaine d'années.

"À cet âge, on manque obligatoirement à quelqu'un, à un père, une mère, un frère, une amie. Elle n'était pas seule au monde, cette victime", regrette un ancien enquêteur qui a travaillé sur ce dossier, auprès de nos confrères du Parisien.

Une chaussure, puis une deuxième

Le vigneron est aussi interrogé et il raconte que la veille de la découverte, il avait vu une chaussure de taille 37 au milieu du chemin de terre, mais avait pensé qu'il s'agissait d'un dépôt sauvage et l'avait par conséquent jetée. Les enquêteurs vont donc s'intéresser au modèle de cette chaussure, une B-Two fabriquée à Aubagne, mais plus de 5000 paires avaient été fabriquées, empêchant d'identifier clairement la victime, comme le souligne Objectif Gard. L'enquête permet ensuite de retrouver la deuxième chaussure et de recomposer la paire.

Et c'est à peu près tout. Aucun autre élément n'a depuis permis de faire avancer l'enquête. Alors, rapidement, le dossier est classé, transformant l'affaire "Toutânkhamon" en cold case.

"Elle est peut-être étrangère, car on a vérifié toutes les disparitions inquiétantes en France et rien n'a matché. Au début, on pensait rapidement avoir une identité, mais malgré nos recherches, rien n'y a fait et les mois et les années ont passé, sans parvenir à découvrir son identité", déplore l'enquêteur.

Aujourd'hui encore, cette affaire reste une énigme pour tous les habitants de Montfrin.

Alix Mancel