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Affaires françaises

Agnès Marin: quand l’école devient le théâtre d'un crime glaçant

Agnès Marin

Agnès Marin - AFP

L’école est généralement synonyme de travail et d’apprentissage. Pourtant, au sein de ce lieu sacré se sont déjà joués des crimes effroyables. RMC Crime revient sur ces affaires glaçantes.

L’heure de la rentrée a sonné. Si pour tous les élèves c’est le moment de reprendre le chemin de l’école, pour certains, cela a été le lieu de crimes terribles. RMC Crime revient sur l’affaire Agnès Marin, une collégienne de 13 ans qui a été violée et assassinée par un autre élève, le 16 novembre 2011.

Agnès est une élève interne du collège-lycée privé Cévenol du Chambon-sur-Lignon, en Haute-Loire. Ce mercredi après-midi là, les élèves n’ont pas cours et ont donc quartier libre jusqu’à 16h30. A 17 heures, le personnel encadrant de l’établissement s’étonne de ne pas voir revenir Agnès Marin. La direction du collège interroge alors les autres élèves et apprend qu’elle a passé la journée avec une amie, mais qu’elles se sont séparées à 16h30 au moment où Agnès a dû rentrer à l’internat. Ne la voyant toujours pas rentrer à la nuit tombée, la direction décide de prévenir la gendarmerie.

Les aveux

Des fouilles sont organisées dans les bois aux alentours pour tenter de retrouver la trace de la jeune fille. En vain. Le lendemain matin, les gendarmes décident d’interroger son amie avec qui elle a passé la journée. En comprenant la gravité de la situation, la jeune fille avoue ne pas avoir passé la journée avec Agnès. Elle explique que la jeune fille lui a demandé de mentir pour la couvrir. Pour les gendarmes, cela change tout. Ils doivent désormais étudier toutes les hypothèses.

Les fouilles autour de l'école où a disparu Agnès Marin
Les fouilles autour de l'école où a disparu Agnès Marin © AFP

C’est le témoignage de quelques élèves qui vont mener les gendarmes sur une piste. Un élève du même établissement, âgé de 17 ans, est rentré du quartier libre avec des griffures sur le visage. Les enquêteurs décident donc de l’interroger. Le jeune homme s’appelle Matthieu et ne semble pas inquiet par la disparition de sa camarade. En fouillant sa chambre, les gendarmes découvrent un de ses pantalons couvert de sang. Il est donc placé en garde à vue. Il finit par passer aux aveux et conduit les enquêteurs sur les lieux du crime.

Un mineur récidiviste

En fouillant la zone indiquée par Matthieu, les gendarmes découvrent le corps à moitié nu d’Agnès, agenouillé et calciné. De son côté, Matthieu explique qu’ils se sont disputés et qu’il a été pris d’une pulsion. Le jeune homme raconte avoir attaché Agnès avec son yo-yo, l’avoir violée et frappée jusqu’à ce qu’elle ne bouge plus. Ensuite, il a pris de l’essence de son briquet pour mettre le feu à son corps avant de retourner à l’internat. L’autopsie révélera qu’Agnès a également reçu 17 coups de couteau dans le thorax et la tête.

Le corps d'Agnès Marin a été retrouvé
Le corps d'Agnès Marin a été retrouvé © AFP

En se penchant sur le profil de Matthieu, les enquêteurs tombent des nues. Quelques mois plus tôt, le 1er août 2010, le jeune homme avait déjà été condamné pour "viol avec arme", "séquestration" et "préméditation" sur une de ses camarades de classe. Il avait été incarcéré pendant trois mois et demi avant d’être libéré sous contrôle judiciaire après avoir passé quatre expertises psychiatriques. Le directeur de l’école est directement pointé du doigt, car il connaissait le passé judiciaire de l’adolescent.

Le procès de Matthieu s’est finalement ouvert en juin 2013 devant le tribunal de grande instance de Clermont-Ferrand. Il est condamné à la peine à perpétuité, une peine très rare pour un acte commis par un mineur. De leur côté, les parents d’Agnès ont décidé de porter plainte contre l’Etat pour "faute lourde", en 2014, dans le but de déterminer la responsabilité des personnes qui étaient chargées du suivi judiciaire de Matthieu.

Alix Mancel