RMC Crime
Affaires françaises

Plus de 33 ans après la disparition de sa mère, elle découvre que son père l’a tuée

Fouilles à La Chapelle-Souëf, dans l'Orne, le 28 juin 2022

Fouilles à La Chapelle-Souëf, dans l'Orne, le 28 juin 2022 - JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

Une jeune femme relance l’enquête autour de la disparition de sa mère, Marlène Marquis, survenue 33 ans plus tôt, dans l’Orne. Et elle apprend que son père n’y est pas pour rien.

C’est une histoire digne d’un thriller. Dans l’Orne, à La Chapelle-Souëf, Marlène Marquis disparaît en 1989, à l’âge de 23 ans, laissant derrière elle ses deux enfants. Victoria n’est qu’une fillette de 3 ans à ce moment-là, et son frère est âgé de 6 mois. Son père lui raconte que sa mère les aurait abandonnés pour partir vivre une nouvelle vie avec un autre homme.

Si la jeune femme passe son enfance avec ce scénario en tête, elle va finalement remettre en question la version de son père, selon le récit du Parisien. Et c’est 33 ans plus tard, en 2021, que Victoria se décide à signaler la disparition de sa mère.

En se penchant sur le profil de Marlène Marquis, les gendarmes de Bellême se rendent compte qu’il n’y a plus aucune trace administrative de cette femme depuis sa disparition. Pour sa fille, il n’y a plus de doute possible: la thèse de la disparition volontaire que son père lui a racontée toute sa vie ne tient pas. Victoria décide donc de mettre son père face à ses contradictions et va découvrir l’impensable.

“Il a fini par se trahir tout seul en répondant aux questions insistantes de sa fille”, explique une source proche du dossier.

Des aveux 33 ans plus tard

Une information judiciaire est ouverte le 27 avril 2022 pour “enlèvement et séquestration” afin de contourner les faits de prescription fixée à 30 ans en cas d’homicide, selon Le Parisien. Et un mois plus tard, Pascal, le père de Victoria, est placé en garde à vue. Si au début il nie toute implication dans la disparition de son ex-compagne, il va finir par craquer et tout avouer.

L'ex-bûcheron explique qu’à l’époque, il a découvert que sa femme le trompait. En apprenant cette nouvelle, l’homme se serait plongé dans une violente colère et aurait saisi le câble du téléphone fixe de leur domicile pour étrangler la mère de ses enfants. Après ça, il raconte avoir jeté son cadavre sur une propriété où il avait l’habitude de travailler. “Je suis revenu huit jours plus tard pour cacher le corps en jetant des plaques de tôles par-dessus”, raconte-t-il à nos confrères de Ouest-France. A l’issue de ses aveux, Pascal est mis en examen et placé sous contrôle judiciaire.

“J’assume mes actes, j’ai honte et je m’en veux”, confia-t-il.

Désormais, les enfants de la victime souhaitent retrouver le corps de leur mère. “Maintenant que nous savons ce qu’il s’est passé, nous voulons juste le corps de notre maman afin d’avoir un endroit où se recueillir”, explique Victoria au média local Le Perche.

Ce mardi 28 juin 2022, 40 gendarmes entament des fouilles en suivant les indications données par Pascal. Des gros moyens sont mis en place et plusieurs dizaines de mètres cube de terre sont déplacés pour tenter de retrouver les ossements de la victime. Mais, alors que les fouilles devaient durer quatre à cinq jours, contre toute attente, tous les enquêteurs ont quitté le site dès le lendemain, en fin de matinée. Et pour cause, malgré les informations très précises données par l’homme de 62 ans, le corps de Marlène reste introuvable. Les outils de chantier ont donc rebouché les trous qu’ils avaient faits sur la propriété privée où ont eu lieu les recherches.

“Notre papa reste notre papa”

Pour l’heure, l’enquête autour de la dépouille de la mère de famille stagne. Et Pascal reste toujours en liberté conditionnelle. Victoria et son frère, eux, souhaitent malgré tout que leur père n’aille pas en prison.

“Notre papa reste notre papa. Cela ne changera jamais rien. Nous avons perdu notre maman il y a 33 ans et nous ne voulons pas perdre notre papa. C’est la seule famille qu’il nous reste. Nous l’aimons et nous ferons tout pour qu’il reste en liberté”, confie Victoria.
Alix Mancel