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Vosges: Il passe cinq mois en prison à la place d’un pédophile qui porte le même nom

La police belge. (Photo d'illustration)

La police belge. (Photo d'illustration) - AFP

Mohamed Camara a fait quatre voyages en détention pour des faits de viols sur mineurs qu’il n’a pas commis. La raison: cet habitant de Nancy porte le même nom qu’un pédophile.

Son nom l’a conduit en prison. Mohamed Camara a bien cru qu’il s’agissait d’une blague quand il a appris qu’un mandat d’arrêt avait été émis contre lui dans une affaire de viols sur mineures.

Selon le quotidien régional Vosges matin, cet habitant de Nancy a été confondu avec son homonyme, par la police belge, en 2001. Il a donc passé cinq mois en détention à la place d’un autre Mohamed Camara. Il sera finalement libéré grâce aux résultats des analyses ADN. Mais l’histoire ne s’arrête pas là.

Quatre séjours en prison pour rien

En 2012, le Nancéien retourne une nouvelle fois en prison. Cette fois-ci, il y reste 36 heures avant que les forces de l’ordre ne se rendent compte qu’ils ne détenaient pas le bon homme. Et en 2017, c’est la même chose. Mohamed Camara passera quinze jours en détention avant d’être libéré.

Si au début, l’homme pense à une simple erreur de la part des autorités, sa vie va finir par être chamboulée à cause des agissements d’un autre. En 2017, il se fait une nouvelle fois condamner et cette fois-ci, l’homme n’a plus la force, ni d’arguments pour se justifier.

“Sa vie a été totalement dévastée”

Exceptionnellement, le parquet a accepté que la commission nationale de réparation des détentions lui verse des indemnités, à hauteur de 60.000 euros, pour le dédommager des six mois passés en prison. Habituellement, ces indemnités sont réservées aux cas d'acquittement, de non-lieu ou de relaxe.

Pourtant, la vie de Mohamed Camara ne sera plus jamais comme avant.

“Sa vie a été totalement dévastée. Au-delà du temps passé en prison, il y a aussi ce qu’il a subi en tant que violeur d’enfants” a expliqué Me Berna, son avocat.

Car dans l’inconscient collectif, il reste associé à des affaires de viols sur des enfants.

Ces nombreuses condamnations à tort finiront par le conduire en hôpital psychiatrique. D’après son avocat, l’homme a été victime d’un choc post-traumatique “manifestement violent”.

Alix Mancel