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Des bottes de cow-boy relancent une affaire plusieurs années plus tard

Les bottes de cow boy

Les bottes de cow boy - AFP

A New-York, aux Etats-Unis, une femme a été retrouvée pendue dans le dortoir d’un hippodrome en 1987. Plusieurs années après, un corps et des bottes de cow-boy vont venir prouver qu’il ne s’agit pas d’un suicide.

Un meurtre masqué en suicide. En 1987, Leslie Dickenson est retrouvée pendue dans le dortoir de l’hippodrome où elle travaillait. La jeune femme de 38 ans était soigneuse de chevaux à Vernon Downs, dans la ville de New-York. Ce jour-là, c’est le shérif du comté de l’Oneida qui a fait cette macabre découverte. L’homme avait reçu un rapport du service d’urgences 911 alertant sur de la fumée sortant du dortoir.

En pénétrant dans la pièce, le shérif se souvient d’une scène particulièrement effroyable.

“C’était une scène horrible. Il y avait du sang autour de ses poignets. Sa gorge a été tranchée. Il y avait une rallonge autour de son cou. Le cordon était attaché à une étagère au-dessus d’elle.” explique Joseph Lisi, l’enquêteur en chef sur cette affaire dans “Exhumed : Killer Revealed” sur Oxygen.

Les enquêteurs en sont sûrs: tout laisse à penser que Leslie Dickenson s’est suicidée.

Et pour cause, les autorités découvrent que la jeune femme avait des antécédents dépressifs et qu’elle avait déjà fait une tentative de suicide à l’âge de 15 ans. Sur ces informations, le médecin légiste conclut qu’elle est décédée par asphyxie secondaire à la pendaison. L’affaire est donc classée.

Une autre victime relance l’enquête

Mais c’est trois ans plus tard que l’affaire va prendre une tout autre tournure. Le sergent Gregory Flynn, fait une découverte qui va semer le doute du côté des enquêteurs qui ont travaillé sur l’affaire Leslie Dickenson. L’homme appelle alors Joseph Lisi pour lui parler du décès d’une autre femme, Pamela Albertson, dans l’Ohio. L’enquêteur fait rapidement le lien avec le décès de la cavalière. Car les circonstances de la mort des deux femmes se ressemblent beaucoup. En effet, Pamela Albertson travaille également dans une écurie et est retrouvée morte dans sa chambre. Et le premier témoin n’est autre qu’un palefrenier d’une autre écurie, Robert Hayes.

Interrogé par les enquêteurs, l’homme nie toute culpabilité. Mais Joseph Lisi se rend compte qu’il l’a avait déjà interrogé au moment de l’enquête sur la mort de Leslie Dickenson. Et pour cause, c’est lui qui avait signalé l’incendie de l’hippodrome aux urgences. Les deux shérifs en chef sur ces deux affaires décident donc de collaborer pour recouper leurs preuves. Et c’est un témoin qui va confirmer aux enquêteurs qu’ils sont sur la bonne piste. L’individu a révélé aux policiers que Robert Hayes avait admis avoir tué Dickenson parce qu’elle l’avait mis en colère en lui crachant au visage. “Il l’a giflée, il l’a suspendue et lui a tranché la gorge et a donné l’impression qu’elle s’était suicidée”, explique Joseph Lisi.

Pour faire la lumière sur cette affaire, les forces de l’ordre décident de faire exhumer le corps de Leslie Dickenson pour déterminer si sa mort n’est pas un homicide. Le médecin légiste relève alors des plaies au niveau de ses mains et de son dos. Et celles-ci correspondraient à des blessures de défense. C’est surtout l’os hyoïde du cou qui va poser question car il est fracturé. Le même os qui était fracturé chez Pamela Albertson. Une blessure de ce type peut notamment être provoquée par un étranglement. A la suite de cette autopsie, l’affaire prend un nouveau tournant puisqu’elle est requalifiée en homicide.

Une paire de bottes comme preuve

Mais les preuves sont minces pour espérer condamner l’homme. Pour la plupart, elles ont été détruites et seules les photographies de la scène sont intactes. Et c’est une paire de bottes de cow-boy qui va donner un nouvel élan à l’enquête. Selon plusieurs témoins interrogés, Robert Hayes portait des bottes de cow-boy fantaisie et reconnaissable. Si l’homme les porte quotidiennement, les entretiens enregistrés à l’époque de la mort de la jeune femme prouvent qu’il était pieds nus lorsqu’il a prévenu la police de l’incendie. Des photographies de scènes de crime ont également révélé que ces bottes se trouvaient sur le lieu du meurtre.

En 2003, Robert Hayes est accusé du meurtre de Leslie Dickenson. L’homme plaide coupable d'homicide, de cambriolage et de tentative d’incendie criminel. Il a admis devant le tribunal l’avoir tuée et modifié la scène de crime pour faire croire à un suicide. A l’issue de son procès, il est condamné à 15 et 45 ans de prison et pourra espérer sortir en 2025.

“J’espère qu’il pourrira en prison et qu’il ne sortira jamais”, a déclaré la sœur de la victime, Donna Helps.
Alix Mancel