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Faites entrer l accusé

"Meurtre à la Breaking Bad": le prochain numéro de l'émission Faites entrer l'accusé

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L'émission phare du fait divers revient chaque dimanche. Retrouvez l'épisode "Meurtre à la Breaking Bad", ce 28 août, à 21h05 sur RMC Story.

C’est une affaire digne d’un film d’horreur. A la fin du mois de juillet 2015, Béatrice Weber s’inquiète de ne plus avoir de nouvelle de sa nièce, Eva Bourseau une jeune femme de 23 ans. L’étudiante a emménagé seule à Toulouse mais depuis le 27 juillet 2015, elle ne donne plus aucun signe de vie. Si elle tente par tous les moyens de la contacter, la jeune femme ne répondra jamais.

Cette histoire est digne de la série à succès Breaking Bad. L'émission Faites entrer l'accusé revient sur cette macabre histoire, ce dimanche à 21h05 sur RMC Story.

“Eva ne répondait plus au téléphone depuis plusieurs jours.” raconte sa tante. Et ce silence alarme également Anaïs, l’amie d’enfance de la jeune femme. “Eva pas connectée sur Facebook, c’est pas normal parce qu’elle est tout le temps sur les réseaux normalement”, explique-t-elle. Après 8 jours sans nouvelle, Anaïs décide de prévenir la famille d’Eva. Sur ses déclarations, la mère de la jeune fille décide donc de se rendre sur Toulouse.

Le lundi 3 août, vers 21 heures, la mère tambourine à la porte de sa fille, en vain. Elle décide d’appeler les pompiers pour qu’ils viennent enfoncer la porte d’entrée. En arrivant sur place, ils comprennent immédiatement la situation et l’empêchent d’entrer dans l’appartement en attendant la police. 45 minutes plus tard, la police judiciaire et le procureur de la République de Toulouse arrivent sur place et découvrent une scène d’horreur. A l’intérieur, ils retrouvent un corps dans une malle en plastique.

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Une scène de crime inédite

Vers 22 heures, le procureur décide d’appeler un médecin légiste, Dr Anthony Blanc, pour qu’il vienne identifier le corps. En pénétrant dans l’appartement, un détail va le surprendre “Paradoxalement, quand je rentre dans la pièce, il n’y a pas d’odeur”. Au pied du lit, il découvre une grande boîte en plastique fermée.

En ouvrant la boîte en plastique, le médecin légiste se rend compte qu’elle est remplie de liquide. Il commence alors l’examen et découvre qu’il manque des parties de son corps, des lambeaux de chair, d’os. Le corps est tellement dégradé qu’il n’ose quasiment pas le manipuler. Il n’a plus d’autre choix que de trouver un signe distinctif pour réussir à identifier la victime. “Et je vais trouver un tatouage qui était une sorte de petite chauve souris. Cela permet de confirmer que c’est bien Eva Bourseau qui est dans cette boite.” Malgré l’état de décomposition avancée du corps, le médecin légiste arrive à distinguer des traces de coups et des lésions, comme si elle avait dû se défendre.

Pour la famille de la victime, c’est le coup de massue. “On apprend toute l’horreur. Que c’est Eva qu’on a retrouvée dans une malle. C’est juste impensable.” confie la tante d’Eva.

Une vie qui bascule

Eva Bourseau avait 23 ans. “Eva était dans ses bouquins, dans sa musique, c’était quelqu’un de très tranquille, qui ne fumait pas de cigarette, qui ne sortait pas” raconte Luna Weber, sa cousine. Mais un an et demi plus tôt, Eva connaît la liberté en emménageant seule dans son appartement. C’est là qu’elle va commencer à sortir en soirée. Elle était étudiante en Histoire de l’art et intègre le groupe très fermé de l’Association des Faluchard, une confrérie composée d’étudiants en médecine et pharmacie. “On savait qu’elle sortait beaucoup et qu’elle fumait des pétards de temps en temps” raconte sa tante. Mais Eva ne va pas s'arrêter là et goûte aux drogues de synthèse de type LSD ou MDMA. Selon ses proches, elle avait soif de vivre les choses à fond.

Mais six mois avant sa mort, sa fureur de vivre a pris une autre tournure.

“Elle aimait le luxe, et on lui a proposé de vendre de la drogue et elle y a vu le moyen de se faire beaucoup d’argent facilement”.

Mais ses amis vont rapidement s’éloigner d’elle pour fuir cette vie de débauche. Et trois mois avant sa mort, Eva prend conscience de sa solitude.

Le 26 juillet 2015, la veille du drame Anaïs va dormir chez Eva car elles ne se sont pas vues depuis longtemps. Ce soir-là, son amie voulait se confier à elle: “Elle était un peu perdue. Elle se sentait en danger” explique Anaïs. Et la raison de ses craintes va rapidement être élucidée par les enquêteurs. Les policiers vont découvrir grâce à des messages sur le téléphone d’Eva qu’elle avait des dettes auprès de ses fournisseurs de drogues. Elle parle d’un certain Guillaume et d’un Taha Mrani Alaoui.

Un crime inspiré d’une série

Contre toute attente, le 5 août 2015, Taha Mrani Alaoui se présente au commissariat car il a des révélations à faire. Les enquêteurs l'arrêtent immédiatement et le place en garde-à-vue. Et le jeune homme de 23 ans n’a bizarrement rien d’un voyou. Il raconte aux enquêteurs qu’il n’est pas responsable de la mort d’Eva mais qu’il est juste intervenu pour masquer le corps de la jeune fille. En revanche, il dit aux enquêteurs qu’il connaît le tueur et qu’il s’agit de son ami Zackariya Banouni.Son ami l’aurait appelé pour l’aider à faire disparaître le corps.

Et c’est Taha qui va trouver une idée pour se débarrasser du corps d’Eva. Il propose de le dissoudre dans l’acide.

“Quand il a cette idée, il s’inspire de la série télé Breaking Bad” explique Me Rigole, son avocate.

Cette série américaine très connue dans laquelle un professeur de chimie qui est impliqué dans un trafic de drogues, se débarrasse d’un témoin gênant dans un bain d’acide. Taha raconte que pendant une semaine, ils venaient tous les jours rajouter de l’acide dans la malle.

Zack et Guillaume sont également arrêtés et placés en garde à vue. Immédiatement, Zack avoue être l’auteur du meutre de l’étudiante mais ne s’étale pas sur les détails. “Eva devait de l’argent à Guillaume, et il venait pour récupérer cet argent et faire peur à Eva pour qu’elle paye. Mais cela a mal tourné” explique Me Catala, l’avocat de Zackariya. Par contre, dans sa version, il dit que Taha a participé au meurtre et qu’il a également asséné les coups mortels à Eva. Une version qui contredit celle donnée par son ami un peu plus tôt. Taha est aussitôt interrogé une nouvelle fois et avoue sa complicité dans le meurtre de la jeune fille.

La drogue comme coupable

Le procès des deux hommes s'ouvre devant les Assises de Toulouse, le 23 octobre 2018. Si Guillaume a été blanchi, Taha et Zackariya, eux, comparaissent pour meurtre. Le plus difficile pour les proches d’Eva c’est qu’aucun des deux hommes ne montre des remords durant l’audience.

“C’est des monstres” affirme Anaïs, l’amie d’enfance.

Et la description de la jeune femme vont anéantir la famille de la victime. “L’image qui a été donnée d’Eva, c’était que c’était une droguée, une toxico. Eux, étaient vus comme des prodiges, avec des capacités impressionnantes, un avenir certainement fantastique. Donc là, on a honte”, confie Béatrice Weber, la tante d’Eva. Pour la famille, c’est un coup dur. Selon eux, la drogue est au cœur du débat et est vue comme l’unique responsable.

Pendant ce procès, il est démontré que c’est Taha qui a voulu tuer Eva, qui a décidé de se débarrasser de son corps dans l’acide, et qui a fait porter le chapeau à son ami. A l’issue de l’audience, Zackariya Banouni est condamné à 25 ans de réclusion criminelle, et Taha est condamné à 30 ans. Aucun des deux hommes n’a fait appel de sa décision. En prison, Taha a validé sa licence de mathématiques et Zackariya s’est lancé dans la menuiserie.

Retrouvez l'épisode "Meurtre à la breaking bad" de Faites entrer l'accusé, ce dimanche 28 août, à 21h05, sur RMC Story.

Alix Mancel