RMC Crime
Cold Cases

Coupable ou innocent? Dans un nouveau documentaire sur Omar Raddad, les versions s'affrontent

Omar Raddad attend la décision de la Cour de révision, le 20 novembre 2002 à Aix-en-Provence

Omar Raddad attend la décision de la Cour de révision, le 20 novembre 2002 à Aix-en-Provence - GERARD JULIEN © 2019 AFP

Dans un nouveau documentaire, cette fois diffusé par France Télévisions, témoins et acteurs du dossier reviennent sur l'affaire Omar Raddad.

C'est un combat qui se poursuit depuis 30 ans, et qu'une équipe de France 2 a minutieusement retracé. Dans un documentaire en quatre épisodes diffusé dimanche et disponible en replay, des acteurs de l'affaire Omar Raddad témoignent et reviennent sur la lutte du jardinier pour être réhabilité après avoir été accusé du meurtre de sa patronne, Ghislaine Marchal, le 23 juin 1991.

Après avoir grandi au Maroc, il fait ses débuts en tant que jardinier en France en 1985. On le présente à Ghislaine Marchal, une riche veuve à la recherche d'un jardinier et habitant à Mougins, dans les Alpes-Maritimes, et rapidement, le courant passe entre le jeune homme et sa patronne, qui se montre satisfaite de ses services. Seul un point dénote: Omar demande régulièrement des avances sur son salaire.

"Omar m'a tuer"

C'est le 23 juin 1991 que le drame se noue. Car le lendemain, Ghislaine Marchal est introuvable. Inquiets, ses proches se rendent chez elle, en vain. Ce sont les gendarmes qui retrouveront le corps de la propriétaire lardé de coups de couteau dans la cave. Sur deux portes, des inscriptions aujourd'hui bien connues: "Omar m'a tuer", écrites avec le sang de la victime.

Tout semble accuser le jardinier, dont on imagine qu'il aurait pu venir demander une énième avance et aurait perdu son sang-froid face au refus de sa patronne. Moins de 24 heures plus tard, il est interpellé, interrogé, et sera mis en examen. Pourtant, des interrogations émergent quant à l'étrange indication qu'aurait laissé la victime.

"Qui écrit en parlant de soi-même au passé? Madame Marchal s'enterre en parlant d'elle au passé, elle s'exprime comme si elle était déjà morte, c'est absolument impossible", commente l'avocat d'Omar Raddad Philippe Pétillault dans le documentaire.

Coupable ou innocent?

Comme le montre le documentaire, les opinions sur l'affaire sont encore très partagées. Les proches de Ghislaine Marchal restent persuadés de la culpabilité du jardinier et ne croient notamment pas à une mise en scène orchestrée par le meurtrier pour le faire condamner à sa place.

"Il faudrait qu'il ait déjà une certaine dose d'intelligence pour inscrire ["Omar m'a tuer"] à la hauteur d'une femme à genoux", estime Me Henri Leclerc, avocat des parties civiles.

D'autres pistes, évoquées dans le documentaire, seront pointées du doigt sans être prises au sérieux, estime la défense d'Omar Raddad, qui dénonce une enquête seulement à charge et parcellaire. Leur client obtiendra finalement une grâce partielle et sera libéré au bout de sept ans de prison. Mais le combat est loin d'être terminé pour lui: encore aujourd'hui, des demandes sont en cours pour que son procès soit révisé.

Elisa Fernandez