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Le mystérieux suicide du gendarme Jambert: une thèse controversée

Isabelle, la fille de Christian Jambert qui a décidé de relancer l'enquête autour de la mort de son père

Isabelle, la fille de Christian Jambert qui a décidé de relancer l'enquête autour de la mort de son père - AFP

En 1997, le gendarme chargé d'enquêter sur l'affaire des disparues de l'Yonne est retrouvé mort. Si la thèse du suicide est privilégiée, sa famille est persuadée qu'il a été tué.

Sa mort reste encore aujourd'hui une énigme. Le 4 août 1997, le gendarme Christian Jambert est retrouvé mort. D'après les premières constatations, il semblerait que l'homme se soit suicidé d'une balle dans la tête. Mais aucune autopsie ne permettra de le prouver en raison du manque de personnel, ce jour-là. En effet, le médecin légiste étant absent ce jour-là, c'est un médecin urgentiste qui conclut au suicide. Suite à ce compte rendu, le Parquet classe l'affaire.

Non-élucidé: la thèse du suicide du gendarme Jambert ne convint pas sa famille

Non-élucidé: la thèse du suicide du gendarme Jambert ne convint pas sa famille

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Il faudra attendre sept ans pour que sa mort fasse l'objet d'une véritable enquête. En effet, sa fille Isabelle s'intéresse de plus près à la carrière de son père et demande à ce qu'une nouvelle enquête soit ouverte pour déterminer les causes exactes de sa mort. Sa demande est acceptée et le corps du gendarme est exhumé pour pratiquer une autopsie.

Les expertises se contredisent

Contre toute attente, l'autopsie révèle deux impacts de balles dans le crâne de Christian Jambert qui ne coïncident pas avec un suicide. Le Parquet décide alors d'ouvrir une information judiciaire contre X pour assassinat.

Pourtant, en janvier 2006, une contre-expertise est réalisée et vient contredire les premiers résultats. Le nouveau rapport conclut qu'il est possible qu'il s'agisse d'un suicide. Mais la famille du gendarme ne sait plus qui croire et demande que le corps soit une nouvelle fois expertisé en décembre 2007. Cette fois-ci, plusieurs experts se réunissent, dont un expert balistique, mais ils n'arrivent pas à se mettre d'accord. Les deux thèses semblent probables.

Un non-lieu sera donc rendu en février 2011. La famille de Christian Jambert a décidé de faire appel de cette décision, car ils sont convaincus que quelqu'un en voulait au gendarme.

Impliqué dans la mauvaise affaire

Si les proches de Christian Jambert ne cèdent pas, c'est parce qu'ils sont persuadés que son passé professionnel pourrait avoir un rôle dans sa mort. Et pour cause, le gendarme a eu un rôle important dans l'enquête autour des disparus de l'Yonne.

Entre 1975 et 1979, sept jeunes femmes placées à l'assistance publique et déficientes mentales sont retrouvées violées et tuées dans la région auxerroise. Christian Jambert a été chargé d'enquêter sur ces affaires et était le premier à soupçonner le tueur en série Emile Louis.

Le gendarme envoie, en 1984, un rapport au substitut du procureur d'Auxerre pour révéler le lien entre Emile Louis et un réseau de proxénètes sado-masochistes dans l'Yonne qui exploiteraient des jeunes filles placées. Si le juge d'instruction refuse de tenir compte de cette information, Christian ne va pas baisser les bras et va continuer de mener son enquête de son côté. Jusqu'au jour où, en 1996, le rapport réalisé par le gendarme disparaît et le substitut du procureur, qui l'avait reçu, est envoyé en retraite anticipée.

Ses proches sont donc persuadés qu'il y a un lien entre sa volonté de faire la lumière sur le réseau qui impliquait Emile Louis et sa mort. Mais aujourd'hui encore, rien n'a permis de révéler la vérité.

Alix Mancel